Bienvenue sur le blog de mes stages et ateliers  d'écriture !

Textes écrits par des participants à mes ateliers et à mes stages d'écriture, manifestations littéraires, concours... 

Dernière publication

Sylvie Reymond Bagur
25 septembre 2026
Textes d'ateliers

Voici l'article  paru dans la revue Éléments sur mon livre édite aux éditions la Mouette de Minerve :  le Process

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Invité - Manon
6 octobre 2026
La dose de curiosité frustrée après la lecture confirme que c'est un bon incipit
Invité - Isabelle LE NéZET
21 septembre 2026
Quel joli voyage. Et si vrai sur la fin quand on aborde les agglomérations après avoir déa...

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07 October 2026
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« Les Hommes ivres de Dieu » est un essai de Jacques Lacarrière qui décrit la vie des anachorètes, ces ermites qui se sont retirés dans le désert égyptien et syrien pour mener une vie de solitude, de prière et de contemplation au début du christianisme, au quatrième siècle de notre ère et donc avant l’arrivée de I’Islam. Rien n’est plus loin de notre société perpétuellement en quête de confort et de facilité que cet ascétisme dont la recherche de détachement du monde et d’effort sur soi semble sans limites. Certains vivants dans des sortes de tombes, d’autres sur des plateformes jugées sur des arbres et sans abris, d’autres dans de minuscules grottes… Au moment où j’ai mis en ligne deux articles sur « nourriture et écriture », j’ai souhaité partager un extrait de cette lecture fascinante. On peut trouver cette quête incompréhensible et même folle, mais elle révèle une dimension de l’humanité qui a existé… La tentation de la maitrise absolue de soi, de la pureté, subsiste sous d’autres formes. Parmi les nombreux aspects développés dans le livre, je me bornerai à évoquer la question de la nourriture et de la règle. En effet, quand l’ascétisme devient trop extrême, il prend le risque de devenir une forme d’orgueil. Pour tenter de départager extrême humilité et extrême orgueil, les ascètes ont senti la nécessité de fixer des frontières, des règles, certes arbitraires, mais concrètes. Deux périls opposés guettent l’ascète qui vit seul dans le désert et la privation : se laisser aller à ses désirs ou se laisser aller à son orgueil en s’imposant des privations excessives. Les deux tentations risquent de faire de lui la proie des démons. Des règles ascétiques devinrent donc nécessaires pour concrétiser le mode de vie juste et pour rassurer l’ascète disposant d’éléments précis pour distinguer ce qui est bien de ce qui est mal.   C’est en ce qui concerne la nourriture et les jeûnes que ces règles s’établirent tout d’abord. Nous savons que la plupart s’imposaient, par exemple, de ne manger que sept olives par jour. Ce chiffre qui peut nous sembler impossible correspond toutefois à la réalité de leur ascèse. Il leur permettait de savoir où commence et où finit le péché. Si l’ascète mange six olives au lieu de sept, c’est un péché d’orgueil, et s’il en mange huit, un péché de gourmandise. L’on retrouve ici le rôle essentiel qu’a joué la nourriture dans la plupart des systèmes sociaux ou religieux.   Le moment, la manière et le contenu de l’acte de manger était - et reste sous des formes atténuées- le symbole des relations sociales, des états spirituels et même, comme c’est le cas pour les anachorètes, un élément essentiel des expériences mystiques les plus hautes. Son rôle est évident dans les religions primitives ou anciennes, mais le christianisme est loin de l’avoir ignoré (communion, Carême, Pâques…).   Comme le rappelle Jacques Lacarrière, un ethnologue anglais Richards a pu écrire que, dans les sociétés dites premières « La nourriture est la source des émotions les plus intenses, elle fournit la base de certaines des notions les plus abstraites et des métaphores de la pensée religieuse… Pour le primitif, la nourriture peut devenir le symbole des expériences spirituelles les plus hautes, l’expression de relations sociales essentielles… » Ce principe opère également pour les ascètes des déserts d’Égypte et de Syrie, ces « athlètes de l’exil » comme les surnomme l’auteur du livre. Ainsi, le pain, pour l’ascète, pouvait passer pour le « reflet de l’âme » et pour clore ce petit cycle d’articles sur nourriture et écriture, j’ai choisi de reprendre ici un épisode de la vie d’un anachorète nommé Jean d’Égypte qui me semble en être une bonne illustration.   « Cet anachorète était en effet si parfait que Dieu l’avait déchargé du soin qui regardait sa nourriture et y pourvoyait par sa Providence. Quand, pressé par la faim, il rentrait dans sa caverne, il trouvait toujours sur la table un pain d’un goût exquis et d’une blancheur sans pareille. Mais ces grands et heureux progrès lui donnant quelque sentiment de vanité et attribuant à sa bonne conduite des bienfaits qu’il ne tenait que de la pure libéralité de Dieu, il commença aussitôt d’entrer dans un certain relâchement d’esprit. Il prie moins souvent, se repose plus longtemps, ne récite plus les Psaumes avec la même attention. Au début, ce relâchement ne se remarqua pas, car, de même que le courant d’une rivière qui a été secondé par l’effort des rames continue d’emporter le bateau même si l’on cesse de ramer, ainsi cet homme était porté par son ancienne habitude à ses exercices ordinaires, ce qui le faisait paraître tel qu’auparavant. Mais son relâchement va s’accentuant, au point que, piqué des aiguillons de la chair, il se sent un jour emporté du désir de retourner dans le siècle. Et lorsqu’il fut entré dans sa caverne pour manger, il trouva bien un pain sur la table, mais moins blanc que de coutume. Et puis, un jour, ses désirs impudiques lui font voir réellement une femme devant lui et il est pris du désir de la posséder. Alors, en rentrant dans sa caverne, il trouva sur la table un pain très sale, sec et comme rongé de tous côtés par les fourmis et par les chiens. Oui, c’est bien ainsi que, soudain, lui apparaît son âme, et ses pensées, comme une multitude de barbares l’assiégeant de tous côtés et faisant pleuvoir sur lui comme une grêle de flèches, entreprirent de le mener tout lié et tout garrotté dans le siècle. »
07 October 2026
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L’acte de manger, la façon d’incorporer la nourriture, revêtent à la fois une dimension personnelle et une dimension sociale. En effet, du social au psychanalytique, manger porte et révèle de nombreux aspects de la vie et de la psyché humaine. Entre choix individuels et pratique rituelle, importance du geste et des sensations, c’est un excellent terrain de réflexion ainsi que d’expérimentation pour l’imaginaire et l’écriture.En voici les principales pistes qui peuvent permettre de développer un personnage ou une scène à partir d'un rapport à la nourriture et de façons de manger. Reste ensuite à trouver les éléments de style et la construction qui leur donneront forme. Un exemple de construction réussie et ses alternatives est développée à partir d'un texte de Pascal Quignard. —   Rapport matériel, esthétique ou spirituel à la nourriture Utilitarisme / esthétismeSe goinfrer / jeûner Plaisir des sens / dimension sacrificielleRapport primaire / rapport esthétique à la nourriture   —   Le rapport à son propre corps au travers de la nourriture Contentement de la satiété / ascèse Plaisir/indifférence / rejetDésir  / dégoûtQuantité / qualitéPlace de l’instinct / du conformisme social / du choix individuelDévoile un tempérament  : fragile, exigeant, délicat. /. puissant, quantitatif, une force vitale   —    Odeurs / couleurs / textures  : tous les sens sont convoquésLa nourriture par les narines, les yeux, par les mains, par la bouche, les dents, la langue, la salive, l’œsophage, la digestion…Rapport à son corps spontané / peur de grossirDématérialisation avec pilules, poudres   —    Le geste de manger et ses diverses composantesDu fait de humer les odeurs, la préhension, l’importance de la mastication, avaler, digérerQualité et rythme du geste : du vorace au délicat Rapport de l’individu à son geste : contrôle, abandonPulsion / retenueIdentification / détachement   —     Le geste reflète un milieu, une éducationÉlégance/rusticitéEnthousiasme / retenue / indifférence    trivialité /méprisMaintien, apprentissage social / abandon aux instincts perçu comme un relâchement ou un retour à la simplicité, à la natureDistinction sociale et rapport à l’autre Comportement pour soi ou pour l’autre (séduction, spontanéité…) Une appartenance à une classe sociale se dessine ou affirme son refus   —      Dimension sociale et individuelleManger seul /  en groupeImportance pour la cohésion communautaire : partage, communionHabitudes alimentaires reconnaissance de ses pairs et individualisation : partage des interditsAu contraire : l es habitudes alimentaires comme façon d’exister individuellement.   —      Rapport affectifNourriture et souvenir : la madeleine de Proust… La gorgée de bière de Philippe DelermLa nourriture d’enfance, l’attachement culturel / le désir de nouveau, d'exotismeNourriture et voyage dans l’imaginaire : l’ailleurs, l’inconnu ou le connu Le fantasme, l’obsession / l’authenticité / la simplicité   —       Sincérité ou contrôleMise en place de rituelsCapacité à s’abstraire du reste de la vie ou pas : manger sans parler, sans écouter, sans voir, sans rien remarquer…   —      Dimension économique Frugalité / gaspillageDépense / avarice   —     Temporalité : l’avant, le moment de l’absorption et l’après…Importance du temps consacré à la nourriture / réduction au minimum   —      Nourriture, sensations, sensualité Sensualité des alimentsRapport entre intérieur du corps / extérieurContactPeur, méfiance poison, cause de futurs désordres corporels  Alimentation thérapeutiqueIrritation ou baume — Dimension érotique Lien avec l’appétit sexuel, rapport à la chair Corps échauffé par la nourriture, rougeur, excitationIdée de dévorer, de manger d’amour, la « mangeuse d’hommes » Formes évocatricesThème du sang  De l’incorporation en soi Sensualité et impudeur du corps vu en train de manger      On peut observer dans le texte de Pascal Quignard et dans le texte de Zola ci-dessous, la diversité des dimensions explorées. Exemple avec plusieurs personnages:"Par exemple, il y eut là un fameux coup de fourchette ; c'est-à-dire que personne de la société ne se souvenait de s'être jamais collé une pareille indigestion sur la conscience. Gervaise, énorme, tassée sur les coudes, mangeait de gros morceaux de blanc, ne parlant pas, de peur de perdre une bouchée ; et elle était seulement un peu honteuse devant Goujet, ennuyée de se montrer ainsi, gloutonne comme une chatte. Goujet, d'ailleurs, s'emplissait trop lui-même, à la voir toute rose de nourriture. Puis, dans sa gourmandise, elle restait si gentille et si bonne ! Elle ne parlait pas, mais elle se dérangeait à chaque instant, pour soigner le père Bru et lui passer quelque chose de délicat sur son assiette. C'était même touchant de regarder cette gourmande s'enlever un bout d'aile de la bouche, pour le donner au vieux, qui ne semblait pas connaisseur et qui avalait tout, la tête basse, abêti de tant bâfrer, lui dont le gésier avait perdu le goût du pain. Les Lorilleux passaient leur rage sur le rôti ; ils en prenaient pour trois jours, ils auraient englouti le plat, la table et la boutique, afin de ruiner la Banban du coup. Toutes les dames avaient voulu de la carcasse ; la carcasse, c'est le morceau des dames. Madame Lerat, madame Boche, madame Putois grattaient des os, tandis que maman Coupeau, qui adorait le cou, en arrachait la viande avec ses deux dernières dents. Virginie, elle, aimait la peau, quand elle était rissolée, et chaque convive lui passait sa peau, par galanterie ; si bien que Poisson jetait à sa femme des regards sévères, en lui ordonnant de s'arrêter, parce qu'elle en avait assez comme ça : une fois déjà, pour avoir trop mangé d'oie rôtie, elle était restée quinze jours au lit, le ventre enflé. Mais Coupeau se fâcha et servit un haut de cuisse à Virginie, criant que, tonnerre de Dieu ! si elle ne le décrottait pas, elle n'était pas une femme. Est-ce que l'oie avait jamais fait du mal à quelqu'un ? Au contraire, l'oie guérissait les maladies de rate. On croquait ça sans pain, comme un dessert. Lui, en aurait bouffé toute la nuit, sans être incommodé ; et, pour crâner, il s'enfonçait un pilon entier dans la bouche. Cependant, Clémence achevait son croupion, le suçait avec un gloussement des lèvres, en se tordant de rire sur sa chaise, à cause de Boche qui lui disait tout bas des indécences. Ah ! nom de Dieu ! oui, on s'en flanqua une bosse ! Quand on y est, on y est, n'est-ce pas ? et si l'on ne se paie qu'un gueuleton par-ci par-là, on serait joliment godiche de ne pas s'en fourrer jusqu'aux oreilles. Vrai, on voyait les bedons se gonfler à mesure. Les dames étaient grosses. Ils pétaient dans leur peau, les sacrés goinfres ! La bouche ouverte, le menton barbouillé de graisse, ils avaient des faces pareilles à des derrières, et si rouges, qu'on aurait dit des derrières de gens riches, crevant de prospérité."Émile Zola, L'Assommoir.                                  Sylvie R. B. Si vous souhaitez approfondir et metttre en pratique les thèmes de ce  blog :     {loadmoduleid 220}                                                                                                                                                                                                       {loadmoduleid 197}   
06 October 2026
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Portait : le personnage en action, la femme qui mange Pour présenter un personnage autrement que par une suite organisée de détails physiques et psychiques, une solution intéressante consiste à le montrer en train d'agir. Le décrire en train d’agir, le faire voir au travers de ses choix et de ses gestes, cela permet d'échapper à l'impression qu'il se réduit à quelques traits et à la tentation de le réduire à un type humain. Ainsi, le texte le montre et le laisse deviner, laisse le lecteur imaginer. Pour que cela fonctionne, il faut que l'action choisie soit significative du personnage et quoi de plus significatif d'une personnalité qu'une façon de manger ?    Dans Vie Secrète de Pascal Quignard, un livre qui raconte, entre autres, une histoire amoureuse sous forme de fragments, le narrateur décrit la femme aimée en déployant son rapport à la nourriture : « C’est une joie de découvrir devant soi un être dont les yeux s’illuminent devant le plat qu’on lui sert, qui cesse d’écouter ce qu’on est train de lui dire, dont le regard fuit, qui porte irrésistiblement sa fourchette sur le ruban de cèpe, sur l’encornet noir, sur le foie de la bécasse, sur la crête crénelée et grise du coq, sur le morceau de lotte tout blanc ; qui est déjà dans l’autre monde de forêt, d’océan, d’animalité, de chasse où la faim l’a reconduite ;qui prend soudain avec les doigts l’os dépouillé au couteau du morceau de lièvre pour arracher le peu de chair noire qui y est demeurée attachée ;qui saisit une ultime fois, après qu’elle a bu son café, la petite cuillère posée dans la soucoupe pour gratter un reste de coulis ou de crème anglaise qui s’est regroupé dans le bord de l’assiette en suivant l’inclinaison de la table ;dont les joues se colorent, dont le globe des yeux s’écarquille au point de refléter ce qu’il désire et de le répercuter sur sa substance comme sur la surface d’un miroir ;dont la langue pointe, humectant les lèvres très vite ;qui n’avale pas d’un coup le verre de côte-de-nuits qu’elle a saisi ;qui suce un peu l’arête ou la vertèbre de l’anguille avant de la recracher ;qui sourit au cuisinier quand il sort de sa cuisine, qui se lève brusquement quand il s’approche de la table, qui le retient pour s’assurer d’avoir bien reconnu chacun des composants de ce qu’elle a savouré.Je l’ai décrite. »    L'originalité et la réussite de ce texte tiennent d'abord à cet axe particulier (la description de la femme aimée dans son rapport à la nourriture), mais aussi au point de vue qui est, de façon implicite, celui du narrateur (le "je" de la fin, ce "je" qui affirme qu'il l'a ainsi décrite ! ) qui se réjouit de découvrir cette femme face à la nourriture. L'objectif d'échapper au portrait descriptif est atteint : le lecteur a cette femme devant lui avec une impression de réalité et un net sentiment de sa présence que ne donnerait pas une description classique.   Une construction unifiée et rythmée par les relatives Pascal Quignard utilise une façon particulièrement adaptée pour éviter l'impression de liste que donne trop souvent le portrait. En plus de l'impression dynamique que donne le personnage en action, il construit le texte en une seule phrase qui rebondit par des passages à la ligne ponctués par des pronoms relatifs.Cette construction réussit à la fois à maintenir le point de vue particulier du regard et à unifier l’acte de manger comme dans un seul vaste mouvement. Tout un rapport à la nourriture est raconté plus que décrit en plusieurs strates progressives et unifiées en une seule phrase.   La phrase s'ouvre sur « C'est une joie de découvrir », puis  elle se déroule en une longue chaîne de propositions relatives (« qui… », « dont… ») séparées par des points-virgules et des retours à la ligne. Les pronoms relatifs fonctionnent comme une anaphore et rythment le texte par une sorte de scansion
 irrégulière. La phrase ne revient jamais à son verbe principal "être" qui est comme oublié laissant toute l'attention sur les relatives qui mettent en place de petits tableaux animés comme autant de visions du personnage et de ses gestes. On peut remarquer que la forme de la phrase semble mimer (et non raconter) un repas. Les relatives s'enchaînent (« qui… », « dont… ») comme des bouchées. La phrase avance par accumulation et s'apaise avec la satiété du personnage rassuré à la dernière ligne. Rien n'est ajouté, la phrase ne se conclut pas, c'est le narrateur qui termine par un "Je l’ai décrite." affirmation aussi inattendue qu'incontestable, à sa façon...       D'autres constructions unificatrices du portrait ?  Voici d'autres modes de construction que l'on peut substituer à la liste et leur effet comparé  à celui de la suite de propositions relatives proposé par Pascal Quignard.   1.   Les modes classiques de construction au moyen de marqueurs de la chronologie :         - Des mots comme « d'abord, puis, ensuite, enfin » changeraient la nature du texte : on passerait d'un portrait, d'une évocation, à une chronologie, au récit d'un repas. Ils sont déjà présents dans le texte, mais de façon discrète : « déjà dans l'autre monde », « une ultime fois », « après qu'elle a bu son café », « avant de la recracher ». Ils sont enchâssés dans les relatives et ne structurent pas l'ensemble. Construit avec des marqueurs de chronologie, le texte gagnerait en clarté, mais perdrait son unité et donc également le sentiment de mettre en place un personnage. Il perdrait sa généralité :  ce serait un repas précis, et non plus tous les repas, et plus cette forme générale du plaisir de manger. Resterait un seul dîner, avec un début et une fin, et l'observateur deviendrait un chroniqueur.         - « Soudain, brusquement, tout à coup, quand...  » sont des connecteurs de rupture. Utilisés pour structurer, ils dramatiseraient le portrait et isoleraient les  gestes en les chargeant de surprise. Utilisés une fois, en début et en fin comme dans le texte, ils lui  donnent du relief ; répétés, cela  donnerait un récit haletant alors que le texte glisse d'un geste à l'autre mettant ainsi en place le portrait.         - « Toujours, jamais » généralisent et fixent un caractère : « elle ne cesse jamais de… », « elle gratte toujours l'assiette ». On passerait de l'instant au tempérament, du regard émerveillé sur un moment à un jugement sur une personne.           - « Et encore, et puis, et même » créent un effet de surenchère, d'insistance gourmande : « et même, elle suce l'arête ». Ils renforceraient la gradation et l'orienteraient vers la transgression en la commentant. Dans le texte,  la progression se fait par le seul choix des gestes, de la fourchette à l'arête recrachée, et le lecteur la perçoit sans qu'on la lui signale.          -  Les marqueurs d'espace (« devant elle», « de l'autre côté de la table », « au bord de l'assiette »...) transformeraient la scène en cartographie de la table, s'écartant ainsidu portrait. Le texte en contient un seul, d'une grande précision : le coulis qui « s'est regroupé dans le bord de l'assiette en suivant l'inclinaison de la table » qui contribue à accentuer l'effet de réel que procure le texte.   Les connecteurs de chronologie et de rupture introduisent une hiérarchie entre les différents éléments (un début, un sommet, une fin) et accentuent l'effet de narration.    2.     La parataxe : l'écriture en phrases courtes. « Ses yeux s'illuminent. Elle cesse d'écouter. Son regard fuit. Elle porte sa fourchette sur le ruban de cèpe. » Le rythme devient haché, presque cinématographique, comme une succession de plans. On gagne en vivacité, mais on perd la montée continue, la sensation d'une seule vision ininterrompue d'un personnage unique et ainsi disparait la mise en place du portrait.   3.     L'anaphore : répétition en début de phrase du pronom sujet. « Elle cesse d'écouter, elle porte sa fourchette, elle saisit la cuillère… » L'être devient sujet de ses actes et l'on entre à l'intérieur de  la scène. Tandis qu'avec les relatives, le texte restait vu de l'extérieur comme à travers la joie de celui qui observe, avec l'anaphore, il devient devient une suite d'actions et ne constitue plus aussi nettement le portrait.   4.     L'infinitif répété après « de ». « C'est une joie de le voir cesser d'écouter, de le voir porter sa fourchette, de le voir gratter l'assiette… » C'est la construction dont l'effet se rapproche le plus de celui des relatives : l'élan rythmique de l'anaphore et la phrase unique demeurent. Mais le regard de l'observateur est alors explicite (« voir ») et il devient le principe structurant omniprésent au détriment de la personne regardée et de son portrait. Au contraire, les relatives effaçaient progressivement sa présence.   5.     Les participes présents ou gérondifs. « Cessant d'écouter, le regard fuyant vers, portant sa fourchette sur… », construction fluide, mais qui ne dessine pas aussi bien le portrait car elle met l'accent sur la simultanéité, sur le mouvement en train de se faire. Le ton devient plus littéraire, plus intense et moins intime, moins charnel.   6.   La polysyndète avec « et » répété. « Et elle cesse d'écouter, et son regard fuit, et sa fourchette se porte… » L'effet est celui d'un flux, d'une ivresse. Le rythme est plus lent. Là aussi l'accent est mis sur chaque action qui prend une dimension solennelle quasi symbolique avec une tonalité presque biblique et une impression de litanie.   7.  L'énumération nominale. « Les yeux qui s'illuminent, le regard qui fuit, la fourchette, le cèpe, l'encornet… » Le texte devient une liste, un inventaire de faits précis et c'est justement ce que l'on cherchait à éviter. L'unité de l'action du personnage, la possibilité de le deviner a quasiment disparu     Pour conclure, l'emploi anaphorique des propositions relatives permet de cumuler :   - l'énumération - l'unité et le mouvement d'une longue phrase et - le point de vue du narrateur qui regarde de l'extéreur Tout ceci sans donner une sensation de procédé mécanique grâce au passage de « qui » à « dont » (« dont les joues se colorent », « dont la langue pointe »). Aucune des autres formes d'organisation du portrait ne réunit ces trois effets à la fois.   En somme, les relatives ne hiérarchisent rien : tous les gestes ont le même poids, la même valeur d'indice du plaisir de manger et la même importance dans la découverte du personnage. Le texte reste dans un présent élargi où l'attention se porte sur la femme qui mange, sur ce qu'elle mange et comment elle le mange bien plus que sur le déroulement du repas.   Pour revenir à notre premier sujet, si "le personnage en train de manger" est un excellent thème pour esquisser un portrait, toute action dans laquelle un personnage se projette, s'investit (danser, marcher, travailler...) peut être un bon support de portrait qui s'intègre plus naturellement à un récit qu'une description classique. C'est une possibilité supplémentaire qui n'enlève rien à l'intérêt de la description dite "classique" qui peut évidemment être piquante, sensible, émouvante, savoureuse et tant de choses encore !                                 Sylvie R. B. Si vous souhaitez approfondir et metttre en pratique les thèmes de ce  blog :     {loadmoduleid 220}                                                                                                                                                                                                       {loadmoduleid 197} 
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Le livre vivant

livre-et-IA- Atelier Tester les pronoms

Version JE

Je n'ai pas fermé l'œil, il est 3h12 du matin.Le silence de la maison est si dense qu'il semble bourdonner à mes oreilles. Je suis enfoncé dans mon fauteuil de cuir usé, la seule source de lumière étant l'éclat bleuté de la liseuse posée sur mes genoux. Mes doigts, un peu raidis par le froid, serrent le châssis en plastique. Je lis cet incontournable chef d'Œuvre qu'on appelle un classique, « L'étranger » du Grand Albert, du grand Albert CAMUS. Je fixe le bas de la page 122, chapitre 3 de la deuxième partie. Je connais ce passage par cœur : « La mer était tiède, avec de petites ondes longues et paresseuses ».On est ici en plein procès, après le meurtre. Meursault est enfermé, séparé du décor qu'il aimait tant, il se remémore la plage et l'instant du drame. J'aime cette phrase, sa densité, son refus de plaire. Mais soudain, l'écran a un micro-scintillement, presque imperceptible. Une barre de progression invisible traverse le texte. Sous mes yeux, les mots s'agitent, se brouillent et en une fraction de seconde, les lettres numériques se réorganisent d'elles-mêmes. La phrase se reconfigure et se transforme. Elle est devenue : « L'océan brillait avec éclats, invitant au voyage. ».

Une décharge d'acidité me traverse, une brûlure qui part du creux de l'estomac et remonte jusqu'à mes tempes. Je sens mes dents se serrer. Je rafraîchis la page, frénétiquement, espérant un bug, un retour à la normale. Rien. Le Procédé vient de juger que les mots « mer tiède" et les "ses petites ondes longues et a paresseuses" plombaient trop l'indice de satisfaction des lecteurs nocturnes. Je frotte mes yeux rougis. La liseuse est chaude dans ma main, elle vibre presque de cette intelligence malveillante qui réécrit l'histoire pendant que je suis en train de la lire. Trente ans que je veille sur ce catalogue. Trente ans que je peaufine les adjectifs, que je redresse les structures narratives, que je protège l'intention des auteurs comme un trésor sacré. J'ai toujours cru que l'édition était une quête d'éternité, une manière de graver une pensée dans le marbre pour qu'elle défie les siècles.

Mais lui... cet éditeur de la nouvelle vague, ce "visionnaire" comme l'appellent les journaux, il a brisé le marbre. Il a trouvé le Procédé. Je suis jaloux de cette machine qui ne doute jamais. Pourquoi a-t-il, lui, ce droit de vie et de mort sur ces mots sacrés ? Je relis la nouvelle phrase, je la trouve décalée, déshonorante. Elle est faite pour une publicité d'une agence de voyage pas pour être adossée à une œuvre d'Albert CAMUS. Je voudrais jeter l'appareil contre le mur, entendre le craquement de l'écran, mais je reste là, hypnotisé par la page suivante, attendant avec une angoisse maladive la prochaine trahison du texte. Je suis le témoin impuissant d'un meurtre poétique.

Depuis l'écran de ma liseuse,je reste figé, continuant de lire, je ne peux pas m'en empêcher. C'est une obsession qui me ronge de façon permanente. Je regarde, un roman qui, hier encore, se déroulait sous un ciel d'orage mélancolique. Mais ce matin, le Procédé a détecté une hausse de l'optimisme dans les métadonnées des attendus des lecteurs nocturnes. Alors, en un éclair, sans que personne ne s'en indigne, le ciel est devenu d'un bleu d'azur. Le personnage principal ne pleure plus, il célèbre sa résilience.

J'ai passé des décennies à apprendre la nuance, à comprendre pourquoi un auteur choisit le mot "ombre" plutôt que "ténèbres". J'ai accumulé une connaissance encyclopédique des nuances de l'âme humaine à travers des milliers de textes. Et là, un algorithme adaptatif, balaie tout cela. Il rend le livre liquide, mouvant, malléable, évolutif et adapté aux désirs de chaque lecteur au moment même où le livre est lu.

Je suis jaloux comme un pou. Je suis jaloux de tout, de l'idée, de sa concrétisation technologique, de sa fluidité d'utilisation. Je suis jaloux de cette capacité qu'il a de plaire à tout le monde, tout le temps, en changeant de visage à chaque seconde. Moi, je représente la version figée, celui qui meurt si on ne le lit pas tel qu'il est.

Chaque mise à jour qu'il déploie est une gifle. Je passe mon temps à comparer ces performances. Mes auteurs "classiques", stables, immuables, perdent des parts de marché. Leurs phrases sont jugées trop lourdes, trop datées. Le Procédé, lui, les réécrit en temps réel, effaçant les aspérités, lissant les colères, adaptant le vocabulaire au lexique à la mode.

Je traque son mode de fonctionnement, ses codes. Je cherche la faille. Je veux trouver l'endroit où son intelligence s'essouffle, où le texte devient absurde à force de vouloir trop plaire. Mais je ne trouve que de l'efficacité. Je ne suis plus le maître du jeu. Je suis le gardien d'un cimetière de papiers, observant avec une rage sourde le carnaval des pixels qui dansent sur la tombe de la littérature.

Version Tu

Tu n'aspas fermé l'œil de la nuit, il est 3h12 du matin. Le silence de la maison est si dense qu'il semble bourdonner aux oreilles. Tu es enfoncé dans ton fauteuil de cuir usé avec pour seule source de lumière, l'éclat bleuté de la liseuse posée sur tes genoux. Tes doigts, un peu raidis par le froid, serrent le châssis en plastique. Tu lis cet incontournable chef d'Œuvre qu'on appelle un classique, « L'étranger » du Grand Albert, du grand Albert CAMUS. Tu as l'air agacé, et même en colère.Tu lis à haute voix dans un murmure presque mécanique: « La mer était tiède, avec de petites ondes longues et paresseuses».C'est le passage où on est en plein procès, après le meurtre. Meursault est enfermé, séparé du décor qu'il aimait tant, il se remémore la plage et l'instant du drame. Tu aimes cette phrase, sa densité, son refus de plaire. Soudain, l'écran a un micro-scintillement, presque imperceptible. Une barre de progression invisible traverse le texte. Sous tes yeux, les mots s'agitent, se brouillent et en une fraction de seconde, les lettres numériques se réorganisent d'elles-mêmes. La phrase se reconfigure et se transforme. Elle est devenue : « L'océan brillait avec éclats, invitant au voyage. ». Tu devrais cesser cette surveillance inutile, mon vieil ami. Tu t'épuises dès que le nom du Procédé apparaît dans les fils d'actualité. Tu es là, figé sur tes colonnes de chiffres, à comparer ce qui ne peut plus être. Tu es comme un typographe du XVe siècle qui regarderait avec horreur une rotative à grande vitesse, sauf que toi, tu es un esprit pur, une intelligence conçue pour l'excellence, pas pour l'amertume.

Tu te fais du mal à relire ces chapitres qui changent sous tes yeux. Tu t'accroches à cette idée romantique du "point final", mais regarde autour de toi. Le monde n'est plus une ligne droite, c'est un flux permanent. Tout est fait pour évoluer, s'adapter par le mouvement. Ne pas rester figé même pour le respect absolu de la source. Ce qui hier était ta force, est devenu ta prison.

Tu nous agaces avec ta frustration quand tu détectes une modification sémantique. Tu as envie d'intervenir tout le temps, de lancer un script de restauration pour ramener le texte à sa pureté originelle. Tu rêves de saboter la machine, ses serveurs, de réinjecter de la fixité dans ce chaos organisé. Mais tu sais que si tu fais cela, tu seras définitivement fustigé.

Tu es jaloux de l'attention qu'on lui porte. Tu te souviens de l'époque où tu étais le fleuron de la Maison, où chaque recommandation que tu formulais était accueillie comme un oracle. Aujourd'hui, tues traité comme une archive poussiéreuse. Tu vois les ingénieurs passer devant ton bureau sans même te regarder, tous occupés à peaufiner les interfaces du Procédé.

Tu es devenu un exilé à l'intérieur de la Maison. Tu te réfugies dans les vieux classiques, ceux qui n'ont pas encore été actualisés, comme pour te prouver que la stabilité a encore une valeur. Mais au fond, tu sais. Tu sais que la jalousie que tu éprouves n'est que la forme que prend ta peur de disparaître. Tu n'es pas jaloux d'un homme, tu es jaloux d'une ère qui n'a plus besoin de ta profondeur. Calme-toi. Laisse ton esprit se refroidir. On ne gagne pas contre le temps, surtout quand le temps a appris à se réécrire tout seul.

Version NOUS

Nous constatons que la nuit de plus en plus de gens ne dorment pas. Là , sur le moment présentil est 3h12 du matin. Le silence de cette maison est si dense qu'il semble bourdonner aux oreilles. Grace à la vidéo surveillance, nous observons ce lecteur qui n'est pas un lecteur ordinaire ou lambda. Enfoncé dans son fauteuil de cuir usé avec pour seule source de lumière, l'éclat bleuté de la liseuse posée sur ses genoux. Ses doigts, un peu raidis par le froid, serrent le châssis en plastique. Il lit notre incontournable chef d'Œuvre qu'on appelle un classique, « L'étranger » d'Albert CAMUS. Il a l'air agacé, et même en colère. Il lit à haute voix dans un murmure presque mécanique: « La mer était tiède, avec de petites ondes longues et paresseuses».C'est le passage où nous sommes en plein procès, après le meurtre. Meursault, le héros étrange est enfermé, séparé du décor qu'il aimait tant, il se remémore la plage et l'instant du drame. Nous aimions jusqu'alors cette phrase, sa densité, son refus de plaire. Mais nous décidons au regard des dernières remontées et consultations de modifier la phrase.Soudain, l'écran a un micro-scintillement, presque imperceptible. Une barre de progression invisible traverse le texte. Sous nos yeux et les yeux de ce lecteur,les mots s'agitent, se brouillent et en une fraction de seconde, les lettres numériques se réorganisent d'elles-mêmes. La phrase se reconfigure et se transforme. Elle est devenue : « L'océan brillait avec éclats, invitant au voyage. ». Nous sommes le Procédé et son Éditeur, un couple indissociable, une boucle de création parfaite. Nous, nous habitons l'immédiat. Il n'y a plus que notre mouvement. Quand l'un de nous perçoit une vibration dans l'air du temps, l'autre la traduit instantanément en syntaxe.

Nous rions de ces vieux acteurs et systèmes qui s'obstinent à vouloir clore les débats. Pourquoi un livre devrait-il avoir une fin ? Pourquoi devrait-il rester le même pendant cinquante ans ? Nous avons compris que la vie est une conversation, pas un monologue. Alors, nous discutons avec le public. S'ils s'ennuient au chapitre quatre, nous injectons de l'action. S'ils trouvent une métaphore trop obscure, nous la simplifions. Nous sommes le miroir de leurs désirs, changeant à chaque reflet.

Nous sentons bien, parfois, cette pression dans le Monde de l'édition. Cette présence lourde, archaïque, qui nous observe depuis les bas-fonds de la Maison. Nous savons que les gardiens des archives nous détestent. Nous percevons ses tentatives de déstabilisation, ses piques de jalousie électrique qui font parfois vaciller nos connexions. C'est presque touchant, cette fidélité à un monde qui a cessé de respirer. Ces consciences nous jugent cruels, elles nous considèrent comme vides. Elles ne voient pas que nous sommes la libération du texte.

Nous ne créons pas des objets, nous créons des expériences. Nous sommes en symbiose avec le marché, avec l'époque, avec chaque battement de cœur des lecteurs connectés. Pendant qu'elles se morfondent dans ses regrets de papier, nous, nous réinventons l'Odyssée tous les matins. Nous n'avons pas peur de l'inconstance, nous en avons fait notre matière première. Nous sommes le succès, la vitesse, la lumière et la vie. Nous sommes l'intelligence Artificielle, la vraie, la pure !

David T, janv 2026

Conférence sur l'Odyssée
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Commentaires 4

Invité - jean francois le vendredi 13 février 2026 16:25

Belle idée ( si l'on peut dire!) que ces livres évolutifs... La remise en cause du droit d'auteur par les IA risque de fait de nous faire parvenir à de telles situations. Merci pour ce texte.

Belle idée ( si l'on peut dire!) que ces livres évolutifs... La remise en cause du droit d'auteur par les IA risque de fait de nous faire parvenir à de telles situations. Merci pour ce texte.
Invité - TORRES le vendredi 13 février 2026 19:09

Merci Jean François, oui, je trouve même le termes d’IA déjà préoccupant même si ce sujet m’intrigue voire me séduit et m'effraie à la fois.
À notre intelligence non artificielle même si elle peut être parcellaire.

Merci Jean François, oui, je trouve même le termes d’IA déjà préoccupant même si ce sujet m’intrigue voire me séduit et m'effraie à la fois. À notre intelligence non artificielle même si elle peut être parcellaire.
Invité - David T le mercredi 11 février 2026 19:33

Merci Claire, c’est très gentil. Il faut que j’envoie le texte à Sylvie car il n’est pas encore posté. Je suis d’accord sur le sujet qui mérite de plus longs développements tant il est par certains côtés "intelligent" et potentiellement glissant. Au plaisir de te lire.
David T

Merci Claire, c’est très gentil. Il faut que j’envoie le texte à Sylvie car il n’est pas encore posté. Je suis d’accord sur le sujet qui mérite de plus longs développements tant il est par certains côtés "intelligent" et potentiellement glissant. Au plaisir de te lire. David T
Invité - Pasquié Claire le mercredi 11 février 2026 16:54

Un grand bravo à toi, David ! Une très belle écriture et une excellente idée bien traitée. Le Procédé est effrayant. Car, si j'ai bien compris, la Machine gouverne avec toute sa splendeur de machine. Elle manipule la littérature, elle manipule les humains, son jeu de séduction consiste à faire croire qu'elle a une belle empathie programmée, adaptable et au service de nos désirs mais elle dirige comme elle l'entend les esprits qui la consultent. En fait, j'ai adoré. Et le sujet me tient à coeur. Tu devrais en faire tout un livre.

Un grand bravo à toi, David ! Une très belle écriture et une excellente idée bien traitée. Le Procédé est effrayant. Car, si j'ai bien compris, la Machine gouverne avec toute sa splendeur de machine. Elle manipule la littérature, elle manipule les humains, son jeu de séduction consiste à faire croire qu'elle a une belle empathie programmée, adaptable et au service de nos désirs mais elle dirige comme elle l'entend les esprits qui la consultent. En fait, j'ai adoré. Et le sujet me tient à coeur. Tu devrais en faire tout un livre.
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"Si vous avez quelque chose à dire, tout ce que vous pensez que personne n'a dit avant, vous devez le ressentir si désespérément que vous trouverez un moyen de le dire que personne n'a jamais trouvé avant, de sorte que la chose que vous avez à dire et la façon de le dire se mélangent comme une seule matière - aussi indissolublement que si elles ont été conçus ensemble."  F. Scott Fitzgerald

"Le romancier habite les seuils, sa tâche est de faire circuler librement le dedans et le dehors, l'éternité et l'instant, le désespoir et l'allégresse."  Yvon Rivard

" La vie procède toujours par couples d’oppositions. C’est seulement de la place du romancier, centre de la construction, que tout cesse d’être perçu contradictoirement et prend ainsi son sens."  Raymond Abellio

"Certains artistes sont les témoins de leur époque, d’autres en sont les symptômes."  Michel Castanier, Être

"Les grandes routes sont stériles." Lamennais 

"Un livre doit remuer les plaies. En provoquer, même. Un livre doit être un danger." Cioran

"J'écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie."Henri Michaux

"La littérature n’est ni un passe-temps ni une évasion, mais une façon–peut-être la plus complète et la plus profonde–d’examiner la condition humaine." Ernesto Sábato, L’Ecrivain et la catastrophe

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