JE Je pensais échapper au sort funeste d'être méprisée de tous. La nature avait fait de moi une jolie femme et je n'avais pas à m'en plaindre. J'aimais le regard que le roi posait sur moi, il me faisait exister et je connaissais la joie pour la première fois. Comme tout le monde finalement, j'interr...
Du lit défait monte une symphonie d'odeurs qui les enveloppe comme un brouillard.
Alanguis, les membres emmêlés, les amants sont baignés dans les parfums de l'autre.
Il aime la petite note poudrée dans le creux de son cou où il l'embrasse quand il veut la faire frissonner. Elle aime le petit trait de citron vert qu'elle sent sur son poignet quand elle plonge son visage dans sa main.
Petites notes d'appel à leurs retrouvailles charnelles, elles sont pour l'heure indiscernables, noyées sous des effluves plus pénétrants.
Cette animalité ne leur déplaît pas, leur partition singulière se joue dans une complicité rieuse de la recherche du plaisir. Leur ballet sensuel les fait se baptiser dans les senteurs les plus intimes.
Elle aime son goût minéral et cette odeur puissante qui reste sur sa peau. Il aime garder sur sa langue la senteur marine que ses baisers ont fait naître.
Ils se révèlent à eux-mêmes et eux-mêmes dans cette intimité du sexe. Curieuse alchimie qui les transmute ; leur essence se nourrit de ce partage, c'est certain, une part d'elle est passé en lui, une part de lui s'est insinué en elle.